Concubins
: Comment acheter à deux
Vous vivez à deux et envisagez d'acheter ensemble votre
logement. Juridiquement, vous n'avez pas de liens avec votre partenaire.
Vous ne bénéficiez pas des mêmes dispositions
que les couples mariés qui acquièrent un logement.
Vous avez donc particulièrement intérêt à vous
organiser pour ne pas être désarmé au décès
de l'un d'entre vous ou en cas de séparation. Vous devez
opérez de plus un choix délicat en fonction des incidences
fiscales et des personnes que vous cherchez à protéger
en priorité.
Plusieurs formules d'acquisition
sont ainsi possibles. Etudiez-les de près et n'hésitez pas à prendre conseil
auprès d'un notaire.
1- L’achat en SCI La
SCI a souvent pour objet l’acquisition d’un immeuble,
dont l’usage sera de résidence principale, secondaire
ou locatif.
Constituer une SCI, société civile immobilière
Vous avez intérêt à en confier la rédaction à un
professionnel. Le principe : vous recevez
des parts sociales de la société,
proportionnelles à votre apport. Ensuite, c’est la
SCI qui achète et devient propriétaire du logement
; vous êtes l’un et l’autre locataires ou occupants à titre
gratuit de la société.
Conséquences
Vous devez tenir des assemblées
et une comptabilité régulière.
Il faut rédiger des statuts qui comprendront toutes les
règles de fonctionnement de la société et
la part de chacun dans le capital.
La société civile immobilière est immatriculée
au registre du commerce et des sociétés et déclarée
au centre des impôts de son siège.
Vous êtes chacun indéfiniment responsable des dettes
de la SCI, proportionnellement à votre quote-part.
Vous ou votre concubin peut
racheter les parts de société de
celui qui veut céder.
L’intérêt d’acheter
un logement en SCI
Lors du décès du premier d’entre vous, l’usufruit
du défunt est annulé. Le survivant se retrouve alors avec la
moitié en pleine propriété sans droit de succession à payer
et conserve l’autre moitié en usufruit. Les héritiers ne
récupèrent que la moitié en nue-propriété du
défunt. Le concubin restant évite ainsi le risque d’être évincé du
logement par les héritiers du défunt.
En revanche, en cas
de mésentente, il est difficile de
sortir de la SCI. Si un accord n’est pas trouvé (dissolution
d’un commun accord de la SCI ou rachat des parts), il sera
nécessaire de recourir au jugement d’un tribunal.
2- La tontine
Rare en pratique, cette
clause permet d’avantager son partenaire.
En cas de mésentente, cette pratique peut néanmoins
s’avérer très contraignante.
La clause de tontine
En
matière immobilière, c’est une opération
par laquelle une ou plusieurs personnes font en commun l’acquisition
d’un bien ; les acquéreurs profitent ensemble
du bien leur vie durant et chacun d’entre eux en est propriétaire.
Au décès de l’un d’entre vous, le survivant
devient alors seul propriétaire du logement et ce, quelle
que soit sa part versée
lors de l’achat.
La tontine est une convention
inclue dans l’acte de vente
Ses conséquences
Pour
pouvoir vendre le bien, l’accord des deux propriétaires
est obligatoire.
En cas de mésentente :
Si un accord n’est pas trouvé entre
vous pour renoncer à la
clause et vendre le logement, la situation est bloquée jusqu’au
décès de l’un d’entre vous. Le tribunal
ne peut pas vous départager.
A la différence de ce
qui est possible en indivision, aucun d’entre vous ne peut
exiger le partage.
En cas de
décès :
Lors du décès du premier d’entre vous, le
survivant se retrouve seul propriétaire du logement. Il
est considéré l’avoir été depuis
la date d’acquisition du logement. Aussi, le co-acquéreur
décédé est réputé n’avoir
jamais été propriétaire du logement : ses
héritiers n’ont aucun droit sur le logement.
Remarques
Il est nécessaire
que les propriétaires aient vécus
sous le même toit jusqu’au décès du premier
pour pouvoir profiter de l’avantage fiscal.
Au-delà de 76224,51 € pour la résidence principale
au jour du décès, le survivant doit régler
les droits de mutation à titre onéreux, qui sont
moins élevés que les droits de succession.
3- L’achat
en indivision
Quelles sont les
situations concernées ?
L’achat avec un
concubin, des parents ou des amis est une indivision. Les acquéreurs
sont conjointement et indivisément
propriétaires de l’immeuble à parts égales
ou inégales, selon ce que prévoit l’acte, et
ce, en fonction de la contribution de chacun. L’indivision
peut être égalitaire ou non. L’achat en indivision est la formule la plus couramment
utilisée par les concubins. Si vous optez pour elle, n’hésitez
pas à établir une convention d’indivision :
elle vous protègera.
Propriétaire
selon son apport :
L’indivision
vous permet soit de partager de façon égale la propriété du
logement, chacun en possédant la moitié, soit de
façon inégale (selon l’apport de chacun).
Assurez-vous
en tout cas que la répartition qui figure
dans l’acte de vente corresponde à la contribution
de chacun d’entre vous au financement du logement.
L’indivision repose sur un principe relativement contraignant
: vous ne pouvez ensuite ni vendre, ni prendre une décision
concernant le logement sans l’accord de l’autre. Mais,
si l’un d’entre vous veut casser le contrat d’indivision
et demande le partage, l’autre ne peut pas le lui refuser.
La convention d’indivision vous protège :
La convention d’indivision n’est pas obligatoire. Etablie
devant notaire, elle prévoit les modalités de gestion
de l’indivision et la situation en cas de séparation
ou de décès. Elle est donc là pour parer à l’imprévu.
La convention peut par exemple prévoir, en cas de disparition
de l’un, l’acquisition par le survivant de la quote-part
du défunt.
La convention peut être signée pour une durée déterminée,
dans la limite de 5 ans maximum. Cependant, elle est renouvelable d’un
commun accord, notamment pour une durée indéterminée.
Que se passe-t-il
en cas de décès ou de
séparation ?
En cas
de décès
de l’un d’entre
vous :
Si vous avez signé une convention
d’indivision,
le survivant pourra donc acquérir la quote-part du défunt
(en usufruit ou en nue-propriété) ainsi que la gérance
du logement, en l’absence de convention, l’autre n’a
aucun droit sur l’héritage. Ce sont les héritiers
du concubin décédé qui deviennent propriétaires
de sa part.
En cas de séparation
:
Si vous avez passé une convention, à durée
déterminée, vous êtes théoriquement
lié jusqu’à son expiration. Un juge peut exceptionnellement
mettre fin à la convention de façon anticipée.
En l’absence de convention, et en cas de désaccord,
c’est le tribunal de grande instance qui tranchera. Il pourra
ordonner le partage ou alors la poursuite de l’indivision
pendant deux ans maximum.
Conclusion
Sur le plan fiscal, on le
voit, il n’y a pas de solution
idéale…Reste le mariage !
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